13.05.2011
Wauquiez et le RSA : « Une incitation à la haine sociale »
Par Damien CAREME | Maire de Grande-Synthe | 12/05/2011 | 18H00
Selon Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, l'assistanat, et plus précisément le cumul des aides sociales, serait « le cancer de la société française ». En tant que maire de Grande-Synthe, une ville de 21 000 habitants dont 23% au chômage, cette affirmation me scandalise.
Chaque semaine, lors de mes permanences, je reçois des gens dont le seul but est de sortir du RSA. Pour travailler et enfin toucher le Smic, ils sont prêts à tout accepter : des horaires décalés, des taches pénibles, des missions précaires…
Seulement, dans notre région dunkerquoise sinistrée, ces emplois n'existent pas !
Dans quel monde vit Monsieur Wauquiez ?
La situation économique actuelle est cauchemardesque
Pour un jeune diplômé, la situation est déjà difficile. Un départ vers Paris ou Lille est devenu ces dernières années la norme. Mais pour des personnes sans grande qualification, que la pauvreté rend captifs du territoire, la situation économique actuelle est cauchemardesque.
Dans quel monde vit donc Monsieur Wauquiez ? Dans quel milieu social est-il né ? Connait-il seulement une personne au chômage ?
De plus justes motifs d'indignation existent. Ainsi, le ministre des Affaires européennes pourrait se dire choqué par le différentiel de rémunération constaté entre un grand patron et un employé. Et, comme le propose le projet du parti socialiste concernant les entreprises publiques, exiger que le ratio entre le plus bas et le plus haut salaire n'excède pas 20.
La déconnexion avec la réalité de certains membres de l'UMP est tout simplement hallucinante.
Vivre au prix de sacrifices quotidiens
Comment expliquer autrement ces propos absurdes de bêtise, suintant de populisme et gonflés de certitudes intimant aux Français de choisir un camp, celui des honnêtes travailleurs contre celui des affreux cumulards ?
En maintes occasions déjà, d'anciens ou d'actuels membres du gouvernement ont mené cette politique du « diviser pour régner » qui consiste à inciter les Français à se détester entre eux plutôt que de demander des comptes à ceux qui les gouvernent.
J'invite Laurent Wauquiez à venir découvrir la « vraie vie » dans ma ville quand il le souhaitera.
Je lui montrerai comment les familles « survivent », car c'est bien le terme de survivre qu'il faut employer quand on touche le RSA et qu'on essaie de garder la tête hors de l'eau au prix de sacrifices quotidiens.
J'ai l'intuition que Monsieur Wauquiez n'a jamais eu à choisir entre acheter une paire de chaussures ou de la nourriture à son enfant. Cela le surprendra, c'est ce que font les bénéficiaires du RSA.
La France n'est pas un Eldorado social
Martin Hirsch, le père du RSA, a déjà déclaré combien les affirmations de Monsieur Wauquiez étaient fausses : aucun allocataire, quel que soit le nombre d'aides qu'il perçoit, ne parvient, au niveau du SMIC.
D'autres spécialistes des questions sociales ont aussi prouvé qu'en matière d'aides sociales, la France n'est absolument pas un eldorado.
Le véritable cancer de notre société porte plusieurs noms recouvrant une même réalité :
- chômage,
- pauvreté,
- exclusion.
Les facteurs aggravants de la maladie étant la volonté des élites de protéger à tout prix leurs confortables positions en tenant des propos outranciers.
A mes yeux, les paroles du ministre des Affaires européennes constituent une incitation à la haine sociale.
Dans le contexte actuel, j'attends que ceux qui nous gouvernent prônent au contraire un discours de rassemblement et des actions de solidarité face aux difficultés.
L'indignation de Laurent Wauquiez reflète une façon de penser nauséabonde, bien dans l'air du temps. Le président Sarkozy a libéré la parole des extrémistes et ils sont manifestement nombreux dans sa propre famille politique. En tant qu'homme de gauche, j'attends avec impatience les prochaines élections présidentielles.
Notre parti mettra enfin un terme à ce racisme anti-pauvres et à ce populisme décomplexé qui fait honte à la majorité des Français.
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14.04.2011
Mayotte, 101e département français
Cette île de l’océan indien devient aujourd’hui le 101e département français. La décision avait été adoptée par le Parlement en novembre dernier. Le référendum organisé en mars 2009 a quasi plébiscité (95,2% des voix) la transformation du statut de "l’île au lagon".
Mayotte devient officiellement aujourd’hui à la fois département et région d’outre-mer, première collectivité unique de l’article 73 de la Constitution.
Mayotte va disposer d’un exécutif unique et d’une seule assemblée délibérante.
Le nombre d’élus restera inchangé, soit 19 conseillers généraux, et atteindra le nombre de 23 en 2014.
Le projet de loi ordinaire crée“ le fonds mahorais de développement économique, social et culturel” doté de 30 millions d’euros.
Le projet de loi organique prévoit ainsi des habilitations pour étendre, par ordonnances, au nouveau département, la législation de droit commun. “Les minima sociaux seront mis en place à compter de 2012 mais au quart du niveau applicable en métropole pour éviter de déstabiliser l’économie et la société locales”.
Des défis à relever
Cette île de l’archipel des Comores, compte environ 200.000 habitants, dont plus du quart sont sans papiers.
Jean-Paul Lecoq (PCF) et Sandrine Mazetier (PS) ont dénoncé la politique menée vis-à-vis des migrants, Mme Mazetier attirant l’attention sur la situation des mineurs isolés qui, “ne sont pas traités de façon spécifique” et ne bénéficient pas de prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance.
René Dosière (PS) a rappelé que la forte proportion de la population clandestine est due aux disparités économiques de Mayotte avec les îles avoisinantes de l’archipel des Comores, qui ont choisi l’indépendance en 1974. Anjouan, la plus proche, n’est située qu’à 70 km de Mayotte.

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12.04.2011
Sarkozy compilation de ses mensonges
22:21 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


